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Voeux 2019 : Gérard Collomb fera des propositions mais n'annonce pas sa candidature

lyon
 Sur fond de "crise des gilets jaunes" et seulement deux mois après sa démission surprise du gouvernement, l'ex Ministre de l'intérieur est revenu, lors des voeux à la presse, sur la préparation du grand débat national proposé par le Président de la République Emmanuel Macron...
Un débat qui n'aurait pas lieu d'être dans la ville dont il est  le maire, tant celle-ci est selon lui en avance sur toutes les thématiques proposées : politique fiscale, transition écologique, développement économique... Plus qu'un débat, il se verrait bien proposer "un modèle lyonnais"...

Voici le texte des voeux à la presse de Gérard Collomb :
Mesdames et Messieurs les journalistes, Mesdames et Messieurs les Elus, Mesdames et Messieurs, Soyez toutes et tous les bienvenus. Je suis très heureux de vous retrouver pour cette cérémonie traditionnelle des vœux. A chacune et chacun d’entre vous, je présente mes vœux les plus chaleureux de santé, de joie et d’épanouissement, tant sur le plan professionnel que personnel. Et je forme des vœux de réussite pour notre ville, et pour notre pays. Car nul ne peut se prétendre indifférent à la destinée collective.
Ces vœux interviennent dans un moment important, alors que se poursuit le mouvement des gilets jaunes, alors que va se lancer le grand débat national et que le Président de la République vient d’adresser sa lettre aux Français. Ce mouvement des gilets jaunes a, certes, donné lieu à des actes intolérables, des débordements de violence inédits contre des symboles de la République dans les rues de Paris. Mais bien d’autres grandes villes en ont été victimes. Et maintenant, ce sont les journalistes qui sont pris à partie, comme cela a été le cas de vos collègues de LCI.

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Les images diffusées étaient particulièrement choquantes. Je veux redire ici qu’on ne saurait s’attaquer à la liberté de la presse, qui est l’une des conditions indispensables de notre vie démocratique. Mais l’indignation face à ces actes impardonnables ne doit pas cependant nous dispenser de les analyser, au contraire.
Nous devons, collectivement, prendre en compte et tenter de décrypter ce mouvement des gilets jaunes et le malaise qu’il exprime.
Il y a bien sûr parmi eux des militants politiques radicaux. Il y a sans doute des éléments qui, chaque fois, viennent dans les manifestations pour casser et piller. Mais ce mouvement n’aurait pas pu prendre une telle ampleur, il n’aurait jamais pu avoir un tel écho s’il ne reflétait pas la frustration d’un certain nombre de Français. Il y a d’abord cette France des territoires ruraux, celle qui doute de son avenir, qui voit fermer ses usines, ses services publics, ses commerces, qui voit partir ses jeunes. Il faut apporter une réponse aux habitants de ces territoires. Faire en sorte de résorber cette fracture qui peut exister entre métropoles et - pour reprendre l’expression de Christophe Guilluy-, « France périphérique ». Les métropoles sont indispensables pour supporter la comparaison avec les grandes villes d’Europe et même, pour un certain nombre d’entre elles, du monde. Mais la contrepartie de leur développement doit être leur implication dans ce que l’on appelle en Allemagne l’Hinterland, le grand territoire qui les environne.
Or on constate - une étude du Commissariat Général à l’Egalité des Territoires le montre - que beaucoup sont repliées sur elles-mêmes, quand quelques-unes seulement irriguent plus largement leur arrière-pays.
La nôtre - j’avais il y a quelques années fait réaliser une étude par l’économiste Laurent Davezies - fait bénéficier de sa dynamique bien des départements : les départements voisins, le Nouveau Rhône, et puis également le Nord Isère, la plaine de l’Ain ; mais aussi, grâce à ce qu’on appelle l’économie résidentielle, des départements plus lointains. La Savoie, la Haute-Savoie, l’Ardèche, la Drôme, par exemple, ne seraient pas ce qu’ils sont sans la force de l’agglomération lyonnaise.

Le deuxième sujet, au cœur de la problématique des gilets jaunes, est la lourdeur de la fiscalité. Il est vrai que celle-ci pèse beaucoup sur les classes moyennes, mais aussi sur nos entreprises, commerçants, PME, ETI, qui payent l’impôt quand les grandes entreprises internationales peuvent, parfois, y échapper. Et l’exemple des GAFA a souvent été cité. Il y a encore ces disparités sociales qui paraissent aujourd’hui disproportionnées à bien de nos concitoyens. Toutes les mesures qui visent à revaloriser les salaires, à encourager le travail, - et le gouvernement en a pris quelques-unes - sont donc les bienvenues. Mais derrière tout cela, il y a les faiblesses de notre économie. Nous avons ces faiblesses parce que les marges de nos entreprises avaient, au cours des dix dernières années, beaucoup baissé. Elles étaient les plus faibles d’Europe, ce qui empêchait l’investissement, la modernisation. On sait le retard qu’ont beaucoup de PME en matière de numérique, de robotique. Dans ce dernier domaine, la différence entre l’Allemagne et la France est considérable et c’est une partie de l’explication du manque de compétitivité de l’économie française. Nous sommes même, pour la robotique, derrière l’Italie. Résultat : en dix ans, nous avons perdu 700 000 emplois industriels et bien souvent, dans ces régions qui se sentent aujourd’hui en marge.
L'actu. lyonnaise en vidéos :

Oui, l’économie doit être la première de nos préoccupations, parce que sans richesse produite, il ne peut pas y avoir de redistribution. Vous savez que cela a été mon leitmotiv depuis que j’ai été élu Maire de Lyon.
Quelquefois, dans mes équipes, on pensait que c’était une obsession. Mais aujourd’hui, si l’agglomération lyonnaise est le deuxième pôle économique après l’Île-de-France, et loin devant les autres capitales régionales, si elle porte l’excellence dans ses filières historiques – sciences du vivant, industrie chimique – mais aussi de nombreux autres domaines - énergie, transport, métallurgie-, si elle est l’une des villes en tête de la FrenchTech, c’est bien parce que nous avons eu cette volonté-là. Nous avons continué à créer beaucoup d’emplois quand d’autres territoires en perdaient.
L’un de nos problèmes est même de manquer de personnes qualifiées dans des métiers pourtant bien rémunérés. Ce qui est vrai à Lyon, dans notre région, l’est à l’échelle nationale. Et c’est tout le sujet de la formation. Car il est paradoxal que nous restions avec un chômage élevé alors même que des emplois ne peuvent être pourvus. J’ai toujours pensé que développement économique et développement urbain devaient être liés. Notre ville rayonne aujourd’hui par son économie, mais aussi par les projets que nous avons lancés. Et je me réjouis que tous aient autant avancé. C’est vrai évidemment des grands projets – la Confluence, dont on voit bien qu’elle va, à terme, constituer un doublement de la Presqu’île – ; Gerland, de l’autre côté du Rhône ; la Part-Dieu, cœur économique de notre métropole où est en train prendre forme une nouvelle vision de la ville.
C’est vrai de nos quartiers en renouvellement urbain - Regardez la Duchère, Mermoz Sud -. C’est vrai de tous nos arrondissements. La dynamique lyonnaise s’étend maintenant à la plupart de nos communes. Et nous sommes en train de redynamiser celles qui présentent encore des fragilités. Les projets qui vont se développer dans le cadre du Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine sont ceux que nous avions lancés au début de ce mandat. Il en va de même pour la mobilité. L’on voit aujourd’hui le métro se prolonger jusqu’aux Hôpitaux Sud, peut-être d’ailleurs jusqu’à l’A450, les travaux du tramway presque achevés en direction des Hôpitaux Est, et notre ligne forte bien engagée en direction de Villeurbanne.
La ville que nous voulons construire est une ville qui entend répondre à l’exigence de cette transition énergétique évoquée par le Président. 
Lorsque nous développons à Lyon la Smart City, celle qui s’appuie sur les technologies nouvelles, ce n’est pas par simple esprit de performance, mais parce que ce sont elles qui vont nous permettre de répondre au défi du réchauffement climatique, au défi de la pollution de l’air dont on sait l’impact sur la santé publique. J’ai toujours pensé que c’est par le changement de nos comportements, mais aussi par la créativité de nos chercheurs et de nos entreprises que nous pourrons répondre aux enjeux environnementaux. De plus en plus, économie et écologie vont aller de pair dans cette économie circulaire qui est en train d’émerger. On a pu le voir à Lyon lors du salon Pollutec. On peut le voir chez Solvay, avec ces nouveaux matériaux qui ont permis la belle aventure de Solar Impulse.
C’est parce que notre ville a cette dynamique-là que nous pouvons développer nos équipements scolaires, construire des crèches, nous doter de nouveaux équipements sportifs, faire rayonner nos institutions culturelles, accompagner les acteurs émergents.
Dans le domaine social, si aux côtés de la ville, le tissu associatif est aussi riche, c’est parce que nous l’avons, tout au long de ces années, soutenu. Nous avons passé des contrats pluriannuels avec nos MJC, nos Centres sociaux, avec toutes les structures qui aident, au quotidien, personnes âgées ou isolées, personnes porteuses de handicaps, toutes celles et ceux qui peuvent être en situation de fragilité.
Demain s’ouvre le grand débat national. Le Président de la République vient d’adresser sa lettre aux Français. Les thèmes qu’il met au cœur du débat sont ceux sur lesquels la Ville de Lyon s’est déjà engagée ; Fiscalité locale, - je rappelle que nous sommes l’une des villes où les impôts locaux, fonciers en particulier, sont les plus bas – J’ai eu l’occasion de l’évoquer lors du débat budgétaire. Deuxième thème engagé : l’organisation des collectivités locales. Lorsque nous avons créé la Métropole de Lyon, nous avons avancé dans cette voie. Reste à débattre aujourd’hui, et je sais que c’est un sujet sensible, du rôle de nos communes et de celui de la métropole. Troisième sujet : la transition écologique. Nous pouvons sans doute faire davantage encore, mais nous avons eu la volonté de l’engager. Enfin, donner plus de force au débat public et à la citoyenneté. Nous savons que c’est une exigence. Nous l’avons fait sur les rythmes scolaires, sur le plan Climaténergie.
La ville de Lyon va donc engager dans ce grand débat. Mais ce sont tous les acteurs de la ville qui doivent y participer. Et j’ai la conviction que vous avez, vous journalistes, un rôle majeur à jouer dans cette compréhension des mouvements sociaux en cours. Car au fond c’est bien ce qui fait le sens de vos professions : la recherche de l’intelligibilité. 
On le voit aujourd’hui davantage encore qu’hier dans ce monde de la communication régi par le numérique et les réseaux sociaux, où il faut à la fois faire face à l’abondance des informations et à la rapidité de leur diffusion. Les médias qui se distinguent sont ceux qui offrent aux lecteurs un surcroît d’analyse, ou qui sont en mesure de les aider à décrypter le vrai du faux.
Mesdames et Messieurs, L’année 2019, j’en suis sûr, sera une année passionnante. A chacune et à chacun d’entre vous, je renouvelle tous mes vœux. 
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