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Roms : une tribune de Sylvie Guillaume, député européenne et adjointe au Maire de Lyon

Dans l'affaire de la reconduite à la frontière de ressortissants roumains des minorités Rroms (on écrit Roms ou Rroms - ndlr), on a noté un décalage dans le temps de réaction des élus locaux et régionaux. Interrogé sur ce sujet, le Maire de Lyon nous a indiqué qu'il s'agissait de ne pas tomber dans un piège, "un chiffon rouge agité par Nicolas Sarkozy dans son discours de Grenoble". 


"Le problème de l'arrivée massive de Rroms, nous le traitons depuis longtemps dans le Grand Lyon,  en nous appuyant sur les compétences de l'un de nos vice-présidents, Olivier Brachet, qui suivait auparavant ce dossier dans un cadre professionnel", nous a indiqué Gérard Collomb, avant d'ajouter qu'"il n'y a pas de solution simple à ce dossier complexe..". 
"il n'y a surtout pas une solution purement locale... Nous nous inscrivons, avec nos moyens, dans une politique d'accueil définie nationalement et au niveau de l'Europe... les Rroms qui sont reçus officiellement ont des terrains et le Grand Lyon sera en conformité avec la réglementation sur les gens du voyage fin 2011 avec la mise en place des trois  sites manquants, à Oullins, Givors et Lyon".
La député européenne, secrétaire nationale du Parti Socialiste et adjointe au Maire de Lyon Sylvie Guillaume vient, elle aussi de réagir sur ce dossier des Rroms et nous a fait parvenir une tribune intitulée "Au delà du populisme, bâtir de véritables politiques d'insertion" (lire ci-dessous)


Gilles Roman












"La manière détestable dont le gouvernement a déclenché le débat sur la présence des Rroms sur le territoire français présente un seul et unique intérêt : celui de mettre en lumière les difficultés sociales de ces populations et celles de leurs conditions d’accueil. De nombreuses voix se sont exprimées pour dire, chacune à leur manière, leur désapprobation tant sur l’analyse de la situation que sur les actes d’expulsion. J’en partage la majorité.
L’échange étant lancé, il convient de faire des propositions applicables par les pouvoirs publics et acceptables pour l’opinion publique. Ces propositions s’inscrivent sur le long terme. Elles imposent de combiner des mesures dans les pays d’accueil et dans les pays d’origine. Elles doivent se traduire par des actions à la fois spécifiques et globales. Mais une chose est sûre : c’est à l’échelle européenne que les problèmes doivent être traités, sans dédouaner toutefois les Etats membres de leurs responsabilités.

L’action de l’Europe : changer d’approche
 Malgré de nombreux instruments et financements, l’action déployée au plan de l’Union européenne donne le sentiment d’avoir peu de résultats tangibles, de générer une forme de lassitude et de résignation devant l’ampleur des difficultés. D’aucuns s’interrogent même sur la bonne utilisation des fonds structurels consacrés à l’inclusion des Rroms. La stratégie générale apparait donc comme peu lisible et des écueils notables persistent.

La Commission européenne ne fixe pas des objectifs clairs
Parmi eux, il convient de pointer la posture trop frileuse et défensive de la Commission européenne, consistant à axer exclusivement le discours sur la lutte contre les discriminations et sur la bonne utilisation des fonds disponibles. Ces préconisations sont bien entendu fondamentales mais pas suffisantes. Elles conduisent à faire reposer sur les épaules des seuls Etats membres la responsabilité de la situation. Autrement dit, la Commission européenne s’exonère de fixer des objectifs clairs, de coordonner les efforts de chacun et d’adopter des mesures contraignantes.

Il est donc urgent d’«européaniser » les politiques en direction des Rroms en impulsant une démarche volontariste et globale autour de trois axes :

- Tout d’abord, asseoir une démarche partagée vis-à-vis de l’intégration des Rroms (mainstreaming) dans toutes les politiques publiques de l’Union européenne et des Etats membres (emploi, santé, logement, lutte contre la pauvreté, éducation…). Il s’agit d’améliorer la stratégie d’inclusion dans la société ordinaire de cette population parmi les plus vulnérables.

- Ensuite, déterminer un programme de coordination et d’intensification des efforts de toutes les parties prenantes (Union Européenne, Etats membres, ONG, communauté Rrom) afin que les responsabilités soient partagées, avec des objectifs, des mécanismes et des engagements mutuels clairs.

- Ceci impose de disposer d’un meilleur monitoring des actions menées et des fonds utilisés pour en apprécier les effets sur les processus d’inclusion des Rroms. Pour garantir une plus grande implication, responsabilisation et soutien des autorités nationales et locales à ce dispositif, nous pourrions imaginer la nomination d’un responsable de la coordination des politiques à l’égard de cette communauté.
Cette responsabilité partagée doit mettre en exergue le respect intangible par les Etats membres des lois contre la ségrégation et la fin des violences sociales à l’encontre des minorités.

En France : prendre ses responsabilités
Les pays d’accueil –parmi eux, le nôtre- doivent prendre leur part de responsabilité vis-à-vis de l’insertion de populations Rroms. Le problème doit être pris à bras le corps afin de stopper la spirale « installation désordres-évacuation-réinstallation ». Pour cela, je propose que soient créées des sites d’accueil dans un nombre important de villes –un peu à l’instar de ce qui se fait, trop lentement certes, pour les Gens du Voyage et c’est là le seul amalgame possible entre les deux populations-. Les initiatives comme celle menée en Loire Atlantique sont trop isolées et concentrent un trop grand nombre de personnes. Ces sites d’accueil correctement répartis sur le territoire, avec une harmonisation des standards (installation de bungalows, raccordement aux fluides, accès aux aides, accompagnement social, au logement et à la gestion budgétaire,…) permettraient d’éviter des surpopulations localisées. 
En contrpartie, au travers d’un contrat d’accueil, plusieurs obligations s’imposeraient à la communauté Rrom tels que le respect des règles de droit, la scolarisation des enfants, l’apprentissage de la langue,…

Et à l’avenir ?
Comme il est de coutume malheureusement depuis quelques années dans notre pays, le débat politique, social, voire économique, cette fois-ci alimenté par la situation des Rroms, est en réalité dévoyé et instrumentalisé. Il faut bien comprendre que les récentes déclarations gouvernementales ont surtout pour vocation de jeter en pâture une population déjà dépréciée de manière à occulter les autres problèmes de notre pays.
Sauf à vouloir continuer d’utiliser des boucs-émissaires bien pratiques car peu organisés et représentés, il faut aider les Rroms à se projeter dans le siècle qui s’est ouvert. Pour cela, l’émergence et la valorisation d’une société civile Rrom organisée et responsable est indispensable. Il est en effet incontournable que la scolarisation, l’accès à l’éducation et à l’emploi sont les vecteurs principaux pour faire évoluer les mentalités. 
D’ores et déjà, des organisations y  travaillent, en accompagnant financièrement la construction des projets d’inclusion tout en renforçant les capacités des acteurs locaux. Les efforts doivent continuer en ce sens en associant à toutes les étapes les représentants des communautés Rroms.
L’équilibre est compliqué. Mais il constitue un beau challenge à relever dès 2010, Année Européenne de Lutte contre la Pauvreté."

Sylvie GUILLAUME
Députée Européenne,
Adjointe au Maire de Lyon 

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